Des yeux qui piquent en fin de journée, une sensation de sable sous la paupière, une vision qui se brouille devant l'écran puis revient au clignement : la sécheresse oculaire se cache souvent derrière ces gênes banales. C'est l'un des motifs de consultation les plus fréquents en ophtalmologie. Rarement grave, elle peut vite gâcher le confort de vie, et surtout elle se soulage. Voici comment la reconnaître et ce qu'on peut y faire.
Qu'est-ce que la sécheresse oculaire ?
À chaque clignement, une fine pellicule de larmes s'étale sur la cornée. Ce film lacrymal humidifie l'œil, le nourrit et le protège des poussières et des microbes. Il est fait de trois éléments : une couche aqueuse produite par les glandes lacrymales, une couche huileuse sécrétée par de petites glandes au bord des paupières, et une couche de mucus qui fait adhérer le tout à la surface de l'œil. On parle de sécheresse oculaire quand ce film devient insuffisant, soit parce que l'œil ne produit pas assez de larmes, soit parce que les larmes s'évaporent trop vite faute d'une bonne couche huileuse. Le résultat est le même : la surface de l'œil n'est plus assez protégée et s'irrite.
Une gêne très répandue
D'après l'Assurance Maladie, près d'un tiers de la population adulte est concerné en France. La fréquence augmente avec l'âge : environ 15 % des personnes de plus de 60 ans en souffrent. Les femmes sont plus souvent touchées, en particulier après la ménopause, en raison des changements hormonaux qui réduisent la production de larmes. Le temps passé devant les écrans a aussi fait grimper le nombre de cas ces dernières années.
Les signes qui doivent faire penser à une sécheresse
- Des picotements ou brûlures, une impression de grain de sable ou de corps étranger.
- Des yeux rouges et fatigués, une sensibilité à la lumière, à la fumée ou au vent.
- Des paupières collées au réveil.
- Une vision qui se trouble par moments, surtout à la lecture ou devant l'écran, et qui s'améliore quand on cligne des yeux.
- Un larmoiement paradoxal : l'œil irrité se met à pleurer, ce qui trompe souvent et fait croire à tout sauf à une sécheresse.
Pourquoi les yeux deviennent secs
Le vieillissement est la cause la plus fréquente : les glandes lacrymales produisent naturellement moins de larmes avec les années. D'autres facteurs entrent en jeu, parfois combinés :
- L'environnement : air sec, climatisation ou chauffage, vent, pollution, atmosphère enfumée.
- Les écrans : concentré sur un texte, on cligne beaucoup moins souvent, et le film lacrymal s'évapore.
- Certains médicaments : antihistaminiques, antidépresseurs, bêtabloquants, diurétiques, certains traitements hormonaux.
- Le port de lentilles de contact, surtout prolongé.
- Une inflammation du bord des paupières (blépharite) ou une rosacée, qui perturbe la couche huileuse des larmes.
- Des maladies générales comme le syndrome de Sjögren, la polyarthrite rhumatoïde ou un trouble de la thyroïde.
- Après une chirurgie réfractive de type LASIK, une sécheresse transitoire est fréquente.
Comment se passe le diagnostic ?
La sécheresse oculaire se confirme lors d'une consultation d'ophtalmologie. Après avoir écouté la gêne décrite, le médecin examine le bord des paupières, la surface de l'œil et la façon dont le film lacrymal se répartit, à l'aide d'un microscope appelé lampe à fente. Des tests simples permettent d'évaluer la quantité et la stabilité des larmes. Cet examen sert aussi à écarter une autre cause de rougeur ou d'irritation, et à repérer une éventuelle blépharite ou une maladie associée. C'est ce bilan qui oriente le traitement, car les solutions ne sont pas les mêmes selon que l'œil manque de larmes ou que celles-ci s'évaporent trop vite.
Les solutions pour soulager
La prise en charge vise d'abord à rétablir le confort et à protéger la surface de l'œil. Elle s'adapte à la cause et à l'intensité de la gêne.
- Les larmes artificielles (collyres hydratants ou gels) remplacent ou complètent les larmes naturelles. Pour un usage répété, les formes sans conservateur sont préférables afin de ménager la surface de l'œil.
- En cas de blépharite, des compresses chaudes et une hygiène des paupières peuvent aider les petites glandes à mieux fonctionner et à restaurer la couche huileuse.
- Quand la sécheresse est marquée, l'ophtalmologiste peut proposer des bouchons méatiques, de minuscules dispositifs posés dans les canaux lacrymaux pour retenir les larmes plus longtemps sur l'œil.
- Dans certaines formes, des collyres anti-inflammatoires sur prescription peuvent être envisagés, toujours après avis médical.
- Traiter la cause quand elle existe compte tout autant : revoir un médicament avec son médecin, prendre en charge une maladie associée, ajuster le port des lentilles.
Ce qu'on peut faire au quotidien
- Devant un écran, penser à cligner des yeux et faire des pauses régulières pour regarder au loin.
- Humidifier l'air d'une pièce trop sèche et éviter le flux direct d'une climatisation ou d'un ventilateur sur le visage.
- Se protéger du vent et de la poussière avec des lunettes en extérieur.
- Boire suffisamment et, en cas de tabac, envisager d'arrêter : la fumée aggrave l'irritation.
Au centre de Sartrouville
Le Centre Ophtalmologique et Médical de Sartrouville prend en charge la sécheresse oculaire : examen de la surface de l'œil et du film lacrymal, recherche d'une blépharite ou d'une cause associée, puis mise en place d'un traitement adapté. Le Dr Mamoun Berrada, ophtalmologue conventionné secteur 1, évalue la gêne et propose un suivi si nécessaire. Pour la prise en charge au centre, voir notre page sécheresse oculaire à Sartrouville, et pour les affections de la surface de l'œil, la cornée au centre.
Quand consulter ?
Une gêne passagère par temps sec ou après une longue journée d'écran cède souvent avec quelques larmes artificielles et du repos. Il vaut mieux consulter si les symptômes durent, reviennent souvent ou résistent aux collyres du commerce. Une douleur importante, une rougeur marquée, une baisse de la vision ou une sensibilité forte à la lumière doivent amener à prendre rendez-vous sans tarder, car ces signes peuvent traduire autre chose qu'une simple sécheresse.
Sources
- American Academy of Ophthalmology : What Is Dry Eye?
- Assurance Maladie (ameli.fr) : Sécheresse oculaire : définition, symptômes et causes.
- Contenu rédigé pour le Centre Ophtalmologique et Médical de Sartrouville.